2. Le XXéme siécle – Les courants littéraires

2. Le XXéme siécle – Les courants littéraires

1. Les Avant-Gardes

Le mot Avant-garde désigne un mouvement, un individu, une œuvre qui joue ou prétend jouer un rôle de précurseur. C’est bien là ce qui a caractérisé de nombreux artistes et écrivains à l’époque de la Première Guerre mondiale pour atteindre une expression artistique tournée vers le futur. 

Il s’agit d’abolir tout ce qui reste du passé: la tradition, l’imitation de la nature, les règles de grammaire, la métrique.

On ne peut pas tant parler de mouvement que d’une tendance qui, comme telle, s’est évanouie en peu de temps.

Les plus importantes avant-gardes sont: le décadentisme, le dadaïsme, l’expressionnisme et le symbolisme.

2. Décadentisme 

Le terme décadence est né à la fin des années 1800 pour désigner les poètes qui s’opposaient à la mentalité bourgeoise de l’époque en affichant des attitudes bohémiennes. 

Les principaux représentants de ce courant étaient Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, qui s’inspiraient du modèle du poète maudit de Baudelaire et s’identifient au climat de lassitude et de décadence répandu dans la culture de l’époque, le même climat qui s’était répandu dans tout l’Empire romain.  À la fin de son déclin et qui avait ainsi donné son nom au mouvement.

Cependant, parfois le décadentisme ne désigne pas seulement ce courant répandu à la fin du XIXème siècle en France, mais toute la culture européenne de la fin du siècle à d’autres moments qualifiée de symbolisme.

La vision décadente du monde

Les décadents rejettent complètement la vision positiviste qui imprègne la culture bourgeoise de l’époque. 

Selon la culture officielle la science garantissait une connaissance objective et complète de la réalité, les décadents croient que ce n’est pas vrai: l’essence de la réalité est au-delà des choses, elle est mystérieuse et énigmatique, et pour cette raison elle ne peut être apprise de la raison. 

Tous les aspects de l’être sont alors liés par des correspondances cachées, qui ne peuvent être saisies que dans un état d’irrationalité. Cette vision avait déjà été anticipée par Baudelaire dans le sonnet “Correspondances” des “Fleurs du mal”, manifeste de décadence

L’union entre l’individuel et le tout ne se produit que dans l’inconscient, dont la découverte est l’un des fondements du courant. 

Les outils pour accéder à l’irrationnel sont la maladie, la folie, les rêves, les cauchemars. Rimbaud écrit qu’il a sombré dans la débauche, donc dans la perte des sens, justement pour devenir voyant et donc poète. 

La poétique

Pour le décadent, l’art, entendu comme poésie, musique, peinture, est très proche de la connaissance de ce monde. 

Les artistes sont des voyants, parce qu’ils regardent là où l’homme du commun ne voit rien. Ce culte de l’art, c’est l’esthétisme: un esthète est celui qui vit sa vie en la réglant non pas sur des principes moraux, mais sur la beauté: l’art et la vie se confondent. 

Les esthètes les plus importants sont Walter Pater, Oscar Wilde, Gabriele D’Annunzio. Ces artistes ne donnent pas de finalités sociales, morales ou politiques à leur art, mais ils célèbrent l’art lui-même. La parole n’est plus nécessaire pour communiquer un message de la révolution: les images sont vagues et indéfinies, la parole révèle l’inconnu, la poésie devient suggestion irrationnelle.

Il existe diverses techniques utilisées pour obtenir ce type de poésie: la musicalité, les mots valent comme pure phonicité, la musique est le suprême des arts étant le plus indéfini; ambiguïté syntaxique et lexicale, les mots prennent des sens autres que les sens usuels; le langage analogique, c’est-à-dire à travers des métaphores non traditionnelles, mais qui relient les correspondances secrètes, à travers les symboles, allusifs et polysémiques, c’est-à-dire qui ont diverses significations et à travers la synesthésie, qui relie différents sens.

3. Dadaïsme

Le terme dada signifie “jouet, bibelot“. Les dadaïstes prétendaient l’avoir choisi pour s’amuser en ouvrant au hasard un dictionnaire.

Le terme dada reflète toutes les attitudes qui sous-tendent le dadaïsme: non-sens et hasard, incohérence, ironie et liberté, anarchisme.

L’anarchisme est à comprendre à la fois sur le plan artistique – c’est-à-dire  dans cette dimension d’intrusion continue au-delà des techniques et des langues traditionnelles – et sur le plan politique, puisque lesdadaïstes sont unis par une opposition farouche à la guerre et à la culture bourgeoise.

Conventionnellement, le dadaïsme est né avec l’ouverture le 1er février 1916 à Zurich, en Suisse (pays neutre), du Cabaret Voltaire, dédié aux grandes lumières françaises, qui croyaient aux valeurs de la raison humaine, valeurs qui en ces années paraissent dépassées par l’irrationalité de la Première Guerre mondiale. 

Le Cabaret Voltaire devient le rendez-vous des artistes et intellectuels européens installés dans la cité suisse, îlot de paix dans une Europe en guerre.

Parmi les principaux représentants dadaïstes, nous retiendrons: le poète roumain Tristan Tzara; des artistes et des intellectuels comme le sculpteur et peintre Hans Arp, d’Alsace; l’écrivain et philosophe allemand Hugo Ball; les français Picabia et Duchamp.

Quelles sont les caractéristiques du dadaïsme?

– la désacralisation de l’œuvre d’art (“L’art n’est pas une chose sérieuse”, dira le dadaïste Tzara dans une de ses affiches). Les dadaïstes mêlent peinture, sculpture, graphisme, photographie; découvrez les possibilités esthétiques infinies offertes par les matériaux et leur combinaison. C’est de l’enchaînement aléatoire des formes et des objets que naît l’œuvre d’art, pur acte esthétique, dépourvu de valeur économique et de toute fonction pratique;

– conception différente de l’artiste et de sa pratique. Les oeuvres de Duchamp, par exemple, c’est-à-dire les objets d’usage courant, prennent le statut d’œuvre d’art pour le seul fait que l’artiste l’a choisi et la place dans l’espace de l’art, telle la “Roue de bicyclette“;

– déni provocateur de la littérature, comme de l’art. Les mots sortent librement, spontanément, au-delà de toute cohérence logique et syntaxique.

4. Expressionnisme

L’expressionnisme en littérature est une avant-garde qui prend son essor en Allemagne dans les années 10 du XXe siècle et perdure jusqu’à la première moitié du XXe siècle.

La catégorie expressionnisme est devenue aujourd’hui un terme technique dont l’étendue de l’extension dépasse largement la limite du territoire dans lequel il a pris racine. 

Jusqu’à présent, de nombreuses définitions ont été fournies et chacune d’entre elles a sa propre raison valable d’exister. Mittner parle d’une sorte d’approximation commode au lieu d’une définition définitive. L’expressionnisme est l’un des termes approximatifs d’un mouvement expressif plutôt qu’un objet précis de l’histoire. 

Au lieu de chercher une définition plus valable, selon Mittner, il vaut donc mieux se demander comment fonctionne l’expressionnisme. Le terme n’indique pas la réalité historique d’une école ou d’un groupe qui se distingue dans son unité. 

L’expressionnisme est né, s’est développé puis s’est terminé pas nécessairement dans la période historique mentionnée ci-dessus.

Vingt ans peuvent donc être considérés comme la période pendant laquelle l’expressionnisme est le plus évident. 

Une génération d’artistes expressionnistes nés entre 1880 et 1890 est considérée comme la principale victime de la Première Guerre mondiale. 

L’expressionnisme exprime le besoin artistique d’interpréter la déformation substantielle de la perception d’une réalité désormais perçue comme une distorsion de l’heureuse relation entre l’homme et la nature et en opposition ouverte à une société bourgeoise illusionnée et égoïste qui marche sans le savoir vers la Première Guerre mondiale. 

Dans un environnement de crise politico-sociale avec la crise de l’art européen mais aussi avec les nouvelles et très importantes découvertes scientifiques du début du XXe siècle, le style expressionniste est déterminé qui se concentre sur certains thèmes émergents de société. 

La destruction du monde connue jusqu’alors, la solitude humaine, le mal et la violence, la condition de perte, d’angoisse, d’horreur de l’humanité. 

Les productions littéraires ont mis en lumière la manière de percevoir l’ère nouvelle en expliquant pourquoi les expressionnistes ont réagi d’une certaine manière face à la réalité chaotique de la société moderne. 

Au sein de cette réalité caractérisée par la guerre, la sensibilité expressionniste tente d’exaspérer ou de faire exploser les contradictions que le progrès et plus généralement une société industrialisée ont déclenchées dans le tissu social.

5. Symbolisme

Le symbolisme s’est développé en France au cours de la seconde moitié du XIXe siècle en tant que mouvement au sein du courant plus large du décadentisme; traditionnellement sa naissance remonte à la publication du Manifeste du Symbolisme de Jean Moréa, paru dans le journal Le Figaro du 18 septembre 1886.

Le mouvement contraste avec le naturalisme et implique des personnalités littéraires, des poètes, des peintres et même des musiciens. Son influence affecte également d’autres pays européens au fil des décennies, influençant notamment les cultures italienne et allemande. 

Le symbolisme est aux antipodes du réalisme, dont il conteste la reproduction précise et ciblée de la réalité et auquel il oppose la représentation d’un monde intérieur dont les mouvements sont dominés par le rêve et le symbole.

Si institutionnellement l’année de naissance du symbolisme est 1886, le premier poème ouvertementsymboliste remonte à une dizaine d’années plus tôt, en 1876, lorsque le poète français Stéphane Mallarmé (1842-1898) publie le poème L’après-midi d’un faune.

Dès ce moment, la poétique symboliste fait son chemin dans la culture institutionnelle française, jusqu’à culminer, dans la décennie suivante, avec la constitution d’un véritable mouvement soutenu par diverses revues littéraires, dont les plus pertinentes sont certainement la Revue wagnérienne (1885) Le symboliste (1886) et La Pléiade (1886), qui change de nom en 1889 pour devenir Le Mercure de France.

Les maîtres du mouvement sont, outre Mallarmé, les poètes Paul Verlaine (1844-1896) et Arthur Rimbaud (1854-1891), partisans d’une lecture de la réalité fondée sur la correspondance entre symboles et sensations qui, réunis, forment un réseau de significations qui relie le monde extérieur à la réalité intérieure. 

La réalité n’est donc pas étudiée par les symbolistes à travers l’expérience et la raison, mais à travers l’intuition, qui est appelée à s’exprimer avec le moyen qui lui est le plus agréable: la poésie. En ce sens, donc, selon les symbolistes, la poésie est la voie privilégiée de la connaissance, puisqu’elle est capable d’intuitions et de découvrir les dynamiques qui s’insinuent entre l’apparence des choses et leurs significations les plus cachées.

La poésie symboliste s’oppose alors au concret et à l’idéalisme des textes romantiques, préférant une fonction purement évocatrice et mystique du vers. 

La métrique traditionnelle rigide est abandonnée au profit du vers libre, qui permet de créer un rythme qui suit le flux de sensations et d’énergie qui imprègne les choses du monde. La musicalité du texte est soutenue par une utilisation massive de figures de rhétorique, comme la synesthésie, les analogies et les métaphores, qui embellissent la dictée et le style d’œuvres réservées à quelques lecteurs qui ont les outils pour les déchiffrer et les comprendre à fond.

Le premier à devenir partisan d’une poétique symboliste est, dans l’Après-midi d’un faune précité, Stéphane Mallarmé, qui s’intéresse notamment aux correspondances entre objets et humeurs, c’est-à-dire à la possibilité, par la contemplation, d’utiliser un objet pour illustrer un sentir ou passer d’une sensation à une chose, grâce au libre jeu des analogies.

L’un des textes les plus pertinents de la production de Mallarmé est Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, 1897, ou un calligramme 2 dans lequel l’organisation des couplets ne suit pas la mise en scène graphique traditionnelle. 

Par cette astuce, Mallarmé instaure un jeu de correspondance entre les formes et les mots dès la configuration graphique du texte, rendant tangible pour le lecteur ce passage, si central dans sa poétique, de la forme au fond en passant par la sensation.

La poésie de Paul Verlaine, reconnue comme guide par les plus jeunes représentants du symbolisme depuis le début de sa carrière poétique, repose sur le choix judicieux d’une versification musicale et mélancolique.

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